1978 Album

Parallel Lines

par BLONDIE

4,0
Sortie 1978
Artiste BLONDIE

Parallel Lines, BLONDIE (1978) : traverser les genres avec grâce

En 1978, Blondie réussit quelque chose que peu de groupes punk ou new wave ont accompli : faire le pont entre l’underground du CBGB et le sommet des hit-parades, sans sacrifier leur personnalité. Parallel Lines, sorti en septembre 1978 chez Chrysalis Records et produit par Mike Chapman, est l’album de cette synthèse. Dix chansons d’une qualité constante, une Debbie Harry au sommet de son art, et une chanson – « Heart of Glass » – qui change tout.

Heart of Glass : l’audace récompensée

« Heart of Glass » est la décision la plus audacieuse de la carrière de Blondie. Dans le contexte de 1978, intégrer un beat disco dans la musique d’un groupe de CBGB, c’est risquer de se couper d’un public qui se définit en partie contre cette musique. Blondie prend ce risque et gagne sur tous les fronts : la chanson atteint le numéro 1 dans de nombreux pays et révèle que les frontières entre punk et disco sont beaucoup plus poreuses qu’il n’y paraît.

Debbie Harry chante « Heart of Glass » avec une distance légèrement glacée qui correspond parfaitement aux paroles – une chanson sur la désillusion amoureuse où la froideur de la voix exprime l’émotion mieux que la chaleur ne l’aurait fait. C’est une performance sophistiquée qui fait semblant d’être simple, ce qui est l’une des définitions du grand art.

One Way or Another : le retour à l’énergie

« One Way or Another » rappelle d’où vient Blondie : punk-rock direct, rapide, avec une énergie physique qui contraste avec la sophistication de « Heart of Glass ». La chanson exprime une détermination légèrement humoristique qui est caractéristique de l’ironie de Harry – elle prend des situations sérieuses à la légère et des situations légères très au sérieux.

Chris Stein à la guitare est particulièrement convaincant sur ce titre. Ses riffs sont précis et mémorables, avec cette qualité d’évidence de la bonne chanson punk : facile à retenir, impossible à oublier.

Hanging on the Telephone et la maîtrise pop

« Hanging on the Telephone », reprise du groupe The Nerves, devient sous les mains de Blondie quelque chose d’entièrement propre. La production de Mike Chapman lui donne une clarté et une puissance qu’elle n’avait pas dans l’original. Chapman, qui a produit des hits pour Sweet et Smokie, apporte à Parallel Lines une rigueur qui rend chaque chanson aussi efficace que possible.

L’héritage parfait

Parallel Lines dit quelque chose d’important sur la culture musicale de la fin des années soixante-dix : les frontières entre les genres sont des portes, pas des murs. Les meilleurs artistes sont ceux qui savent circuler librement entre elles sans perdre leur identité propre. C’est ce que Blondie a accompli sur cet album.

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