In a Priest Driven Ambulance
par The FLAMING LIPS
In a Priest Driven Ambulance, The FLAMING LIPS (1990) : les graines du delire
Avant de devenir les chouchous psychedeliques de la planete indé avec The Soft Bulletin et Yoshimi Battles the Pink Robots, les Flaming Lips etaient une bande d’illumines d’Oklahoma City qui fabriquaient un rock bruitiste et halluciné dans l’indifference quasi generale. In a Priest Driven Ambulance, paru en 1990, est l’un de ces disques de jeunesse ou tout se met doucement en place, ou le genie excentrique de Wayne Coyne commence a trouver sa forme.
Wayne Coyne, reveur halluciné
Au centre du groupe, Wayne Coyne, personnage inclassable, mi-poete mi-savant fou, qui chante d’une voix fragile et fele des textes peuples d’anges, de Jesus, de soucoupes volantes et de questions metaphysiques. Sa vision du monde, naive et profonde a la fois, irrigue toute la musique du groupe. In a Priest Driven Ambulance deborde de cette imagination débridée, de cette tendresse pour les grandes questions existentielles abordees avec un humour decale.
La rencontre avec Dave Fridmann
Ce disque marque le debut de la collaboration avec Dave Fridmann, producteur qui deviendra le quatrieme membre officieux du groupe et l’architecte de leur son grandiose. Des cet album, Fridmann commence a experimenter, a superposer les couches, a noyer les chansons dans des nuages de reverb et de bruit. C’est le laboratoire ou s’inventent les recettes qui feront, des annees plus tard, la magnificence sonore des Flaming Lips.
Un Wonderful World detraqué
L’album contient une reprise mémorable du standard « (What a) Wonderful World », popularisé par Louis Armstrong, mais passé a la moulinette du chaos lipsien : le morceau se desintegre, explose, devient une priere bruitiste totalement déjantée. Ce gout du détournement, cette maniere de prendre la beaute classique pour la faire dérailler vers l’etrange, dit tout de la demarche du groupe. La pop sous acide, en quelque sorte.
Entre le bruit et la grace
Musicalement, In a Priest Driven Ambulance oscille en permanence entre l’agression bruitiste et des moments de grace fragile. Les guitares saturent, les arrangements partent dans tous les sens, mais surgissent toujours des mélodies touchantes, des fulgurances de beaute. Cette tension entre le chaos et la douceur deviendra la signature du groupe, sa facon unique de mêler le sublime et le grotesque.
Le germe d’une grande aventure
Ce disque ne fera pas de bruit a sa sortie, reserve aux quelques inities qui suivaient deja cette bande d’extraterrestres. Mais avec le recul, on y entend distinctement les promesses de tout ce qui suivra. Les Flaming Lips mettront encore plusieurs annees a atteindre la maturite de leurs chefs-d’oeuvre, mais l’ame du groupe est deja la, entiere : cette innocence cosmique, ce melange d’experimentation radicale et de coeur gros comme ca. Pour qui aime suivre la genese des grands artistes, In a Priest Driven Ambulance est une plongee passionnante dans les premiers reves d’un groupe pas comme les autres.
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