Beyond the Valley of 1984, PLASMATICS (1981) : l’energie a l’etat brut
Les Plasmatics sont l’un des groupes les plus radicaux et les plus provocateurs de toute la scène punk et new wave américaine de la fin des années soixante-dix et du début des années quatre-vingt. Fondés par le manager Rod Swenson et centrés autour de la chanteuse Wendy O. Williams, ils développent une esthétique de provocation totale qui pousse les limites de ce que le rock peut faire et de ce qu’un concert peut être. Beyond the Valley of 1984, sorti en 1981 chez Stiff Records, est leur album le plus accessible et le mieux produit, même si « accessible » est un terme relatif dans le contexte des Plasmatics.
Wendy O. Williams : la presence totale
Wendy O. Williams est l’une des personnalités les plus singulières de toute l’histoire du rock américain. Sa présence scénique – physique, directe, d’une conviction absolue – crée une expérience de concert qui dépasse ce que la plupart des groupes rock peuvent offrir. Elle chante, elle hurle, elle incarne une énergie et une conviction qui ne ressemblent à rien d’autre dans la musique populaire de son époque.
Sa voix est un instrument de choc autant que de mélodie : elle ne cherche pas la beauté conventionnelle du chant mais l’impact maximum, la communication directe et sans médiation de l’énergie et de la conviction.
Le son des Plasmatics
Musicalement, les Plasmatics développent un punk-metal d’une brutalité et d’une directness qui préfigure certains éléments du thrash metal et du hardcore qui vont se développer dans les années suivantes. Les guitares sont rapides et chaotiques, la batterie est puissante et rapide, et l’ensemble crée un mur de son qui convient parfaitement à l’esthétique de provocation totale du groupe.
Richie Stotts à la guitare apporte une dimension de folie contrôlée qui correspond à la personnalité des Plasmatics : il joue avec une précision technique suffisante pour que la musique reste reconnaissable comme de la musique, mais avec une agressivité qui pousse constamment vers les limites du contrôle.
La provocation comme art
Les Plasmatics ont compris quelque chose que peu de groupes osent admettre : dans le rock, la provocation peut être une forme d’art. Pas la provocation gratuite qui ne dit rien, mais la provocation qui pousse les gens à remettre en question leurs certitudes sur ce que la musique doit être, sur ce qu’un concert doit être, sur ce qu’un artiste peut faire.
Un document d’époque
Beyond the Valley of 1984 est un document unique de l’énergie radicale du punk américain du début des années quatre-vingt. Il n’essaie pas de plaire à tout le monde – ce n’est pas le but – mais pour ceux qui cherchent une musique qui ne fait aucun compromis, c’est un album remarquable.
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