Roman Gods, The FLESHTONES (1982) : le garage toujours vivant
The Fleshtones est l’un des groupes les plus anciens et les plus constants de la scène garage rock new-yorkaise. Formé en 1976, le groupe a maintenu depuis lors une fidélité absolue à la tradition du rock garage américain des années soixante – les Sonics, les Kingsmen, les Seeds – tout en y injectant une énergie et une conviction qui empêchent leur musique de n’être que de la muséographie. Roman Gods, leur deuxième album sorti en 1982 chez IRS Records, illustre parfaitement cette fidélité creative.
Peter Zaremba et Keith Streng : les gardiens du garage
Peter Zaremba – harmoniciste, chanteur, animateur de radio – et Keith Streng à la guitare forment le coeur de The Fleshtones depuis leurs débuts. Ils partagent la même vision musicale – un amour profond et sincère du rock garage américain des années soixante – et ils la réalisent avec une conviction qui ne s’est pas érodée en plusieurs décennies de scène.
Zaremba a une façon particulière de chanter : directe, légèrement nasale, avec une énergie communicative qui correspond parfaitement au rock qu’il pratique. Il ne cherche pas la beauté vocale conventionnelle : il cherche l’efficacité et la conviction.
Le son garage
Le son de The Fleshtones est délibérément simple et direct : guitares avec distorsion légère, orgue farfisa, batterie directe, harmonica. C’est le line-up du garage rock originel, utilisé avec la même économie et la même efficacité que dans les années soixante. Cette simplicité n’est pas de la paresse : c’est une esthétique.
La tradition soul et R&B
The Fleshtones incorpore aussi la tradition soul et R&B dans son rock garage – quelque chose qui n’est pas toujours présent dans les groupes purement garage. Zaremba a une affection particulière pour les chanteurs soul des années soixante, et cette influence s’entend dans la façon dont il chante les morceaux plus lents et plus groovés de l’album.
La scène CBGB et au-delà
The Fleshtones a émergé de la même scène que les Ramones, Television et Talking Heads – le CBGB de New York – mais dans une direction complètement différente. Là où leurs contemporains regardaient vers le punk et le post-punk, eux regardaient vers le passé américain du rock. Ce choix de la tradition plutôt que de la rupture les rend uniques dans leur contexte.
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