1995 Album

It’s Five O’Clock Somewhere

par SLASH S SNAKEPIT

4,0
Sortie 1995

Quand le plus célèbre des guitaristes au chapeau haut de forme a besoin de respirer, il monte son propre groupe. « It’s Five O’Clock Somewhere », paru en 1995, est le premier album de Slash’s Snakepit, échappée belle du guitariste de Guns N’ Roses, alors que son groupe principal s’enlisait dans les tensions et l’inactivité.

Une soupape de sécurité

Au milieu des années 90, Guns N’ Roses, l’un des plus grands groupes de rock de la planète, était paralysé par les conflits internes et les ambitions divergentes de ses membres. Slash, guitariste emblématique et riff machine, accumulait les compositions sans débouché. Plutôt que de les laisser dormir, il décide de monter un groupe parallèle pour les enregistrer et continuer à jouer.

Slash’s Snakepit réunit autour de lui des musiciens de son entourage, dont des compagnons de Guns N’ Roses, et le chanteur Eric Dover. Le projet est moins une révolution qu’un retour aux sources : un rock direct, électrique, sans prétention, fidèle à l’esprit hard rock et blues rock qui a toujours animé le guitariste. C’est la musique d’un homme qui a juste besoin de brancher sa guitare et de jouer.

Le riff comme religion

« It’s Five O’Clock Somewhere » déroule une succession de morceaux taillés pour la scène, portés par les riffs reconnaissables et les solos flamboyants de Slash. On y retrouve cette signature sonore inimitable, cette Les Paul chaleureuse et expressive qui a fait la légende du guitariste. Le disque ne cherche pas la sophistication, il privilégie l’énergie, le groove et le plaisir du rock pur.

Sans l’ambition démesurée ni la noirceur des grands disques de Guns N’ Roses, l’album assume sa nature de projet de défoulement. C’est un rock honnête, sans calcul, qui rappelle pourquoi Slash est l’un des guitaristes les plus aimés de sa génération : pour son sens mélodique, sa générosité et cette manière de faire chanter sa guitare comme une seconde voix.

Ce disque illustre aussi une vérité plus large sur Slash : le jeu et la scène lui sont vitaux. Incapable de rester inactif pendant que Guns N’ Roses se déchirait en coulisses, il a préféré monter un groupe de toutes pièces plutôt que de laisser sa créativité s’étioler. Cette boulimie de musique, cette nécessité de jouer coûte que coûte, traversera toute sa carrière et le verra multiplier les projets, les collaborations et les tournées. « It’s Five O’Clock Somewhere » est le premier témoignage de cette énergie inépuisable, le geste d’un musicien pour qui la guitare n’est pas un métier mais une raison de vivre.

Slash en concert
Slash, guitariste legendaire de Guns N’ Roses, ici avec sa fidele Les Paul et son chapeau

Un jalon dans une carrière prolifique

Slash’s Snakepit ne deviendra jamais aussi important que le groupe principal du guitariste, mais ce premier album marque une étape importante : celle où Slash affirme son existence artistique en dehors de Guns N’ Roses. Il prépare ainsi le terrain pour la carrière prolifique qu’il mènera plus tard, multipliant les projets et les collaborations.

Réécouté aujourd’hui, « It’s Five O’Clock Somewhere » garde le charme des disques sans prétention, faits pour le plaisir de jouer. C’est l’oeuvre d’un musicien qui refuse l’inactivité et qui préfère le studio et la scène aux querelles de coulisses. Pour les amateurs du jeu de Slash, ce disque est une mine de riffs et de solos, le témoignage d’un guitariste qui n’a jamais cessé d’aimer son instrument par-dessus tout.

La note des passionnés

4,0 /5

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It’s Five O’Clock Somewhere