Underwater Moonlight, The SOFT BOYS (1980) : le psychedelisme discret
The Soft Boys est l’un des groupes cultes les plus aimés de la scène alternative britannique de la fin des années soixante-dix. Formé à Cambridge par Robyn Hitchcock – l’un des songwriters les plus originaux et les plus surréalistes de sa génération – le groupe développe une vision musicale qui combine le psychédélisme des années soixante avec l’énergie et la directness du punk, sans ressembler tout à fait à l’un ou à l’autre. Underwater Moonlight, sorti en 1980 chez Armageddon Records, est reconnu depuis lors comme un chef-d’oeuvre du genre, même si son succès commercial à l’époque de sa sortie ne refléta pas sa valeur réelle.
Robyn Hitchcock : l’originalité pure
Robyn Hitchcock est un songwriter qui appartient à la tradition des grands excentriques de la pop britannique – Syd Barrett, Ray Davies, Kevin Ayers. Ses textes sont surréalistes sans être absurdes, précis sans être littéraux, drôles et mélancoliques simultanément. Il a une façon d’observer le monde qui révèle des connexions inattendues entre les choses, des beauté dans l’ordinaire, des étrangetés dans le familier.
Sa voix est délicate et directe à la fois, parfaitement adaptée aux mélodies fragiles et belles qu’il écrit. Il y a chez lui quelque chose de Barrett – l’errance psychédélique, la connexion aux structures de la chanson sous la surface de la strangeness – mais complètement transformé en quelque chose qui lui appartient.
I Wanna Destroy You : l’indignation douce
« I Wanna Destroy You » est l’une des chansons les plus mémorables de l’album. Le titre semble violent mais la chanson est douce, la belle colère d’un homme qui veut détruire non pas des personnes mais des systèmes, des conventions, des structures de pensée qui emprisonnent. La mélodie de guitare en 12 cordes est d’une beauté simple et immédiate, le refrain est parfait.
Kingdom of Love : la ballade psychédélique
« Kingdom of Love » est la grande ballade de l’album, douce et mélancolique, construite sur une mélodie qui aurait eu sa place sur un album des Byrds de 1966 tout en étant résolument de son époque. Hitchcock a absorbé le folk-rock psychédélique américain des années soixante avec une profondeur et une sincérité qui font que ses hommages sonnent comme des créations originales.
Le destin culte
Underwater Moonlight est l’un de ces albums qui ne trouvent pas leur public au moment de leur sortie mais qui grandissent dans l’estime des auditeurs au fil des années. Quand les Soft Boys se séparent en 1981, ils laissent derrière eux une oeuvre brève mais précieuse. Hitchcock poursuivra une longue carrière solo qui continuera d’explorer les mêmes territoires avec la même originalité.
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