Some Friendly, The CHARLATANS (1990) : le groove baggy a l’orgue
Au tournant des annees 90, l’Angleterre danse au rythme de Madchester, ce melange enivrant de rock, de funk et de culture rave qui deferle depuis Manchester. Parmi les groupes qui surfent sur cette vague, les Charlatans se distinguent par une arme secrete : l’orgue Hammond. En 1990, leur premier album Some Friendly debarque directement en tete des classements britanniques et impose ce son organique et hypnotique qui fera leur marque de fabrique.
L’orgue comme signature
La grande originalite des Charlatans, c’est de placer l’orgue Hammond de Rob Collins au centre de leur musique. La ou les autres groupes baggy misent sur les guitares et les beats dansants, eux deroulent des nappes d’orgue chaudes et tournoyantes qui evoquent autant la soul des annees 60 que le psychedelisme. Ce parti pris donne a leur son une rondeur, une profondeur, une couleur retro qui les distingue immediatement de la concurrence.
The Only One I Know, le tube imparable
Le morceau qui les lance, c’est « The Only One I Know ». Construit sur une ligne de basse roulante, un beat dansant et bien sur cet orgue omnipresent, le titre devient un classique instantane de la scene Madchester. Le refrain s’accroche, le groove ne lache plus, et la voix nonchalante du jeune Tim Burgess apporte ce detachement cool typique de l’epoque. Impossible de rester immobile : tout le disque invite a se déhancher.
Le baggy dans toute sa splendeur
Some Friendly incarne a la perfection l’esprit baggy, ce courant qui marie le rock des guitares a l’euphorie des pistes de danse. Les rythmes sont concus pour faire bouger, les chansons s’etirent en longues plages hypnotiques, l’atmosphere generale respire l’insouciance chimique d’une jeunesse qui decouvre les nuits sans fin. Les Charlatans s’inscrivent dans la lignee des Stone Roses et des Happy Mondays, tout en cultivant leur identite propre.
Tim Burgess, l’icone juvenile
Au chant, Tim Burgess incarne le charme decontracte de cette generation. Coupe au bol, regard reveur, voix qui ne force jamais : il devient instantanement une figure attachante de la scene anglaise. Le groupe se distingue aussi par sa longevite future, traversant les decennies et les drames, dont la disparition tragique de Rob Collins quelques annees plus tard, sans jamais renier l’esprit de ce premier disque fondateur.
Un classique de l’age d’or mancunien
Numero un des charts a sa sortie, Some Friendly reste un document essentiel pour comprendre l’effervescence musicale de l’Angleterre du tout debut des annees 90. Il capture l’instant magique ou le rock et la dance fusionnaient dans une euphorie collective, ou une jeunesse entiere dansait sur des orgues Hammond et des beats dansants. Reécoutez « The Only One I Know » : son groove a l’ancienne n’a pas pris une ride, et l’on comprend pourquoi les Charlatans ont su, contre toute attente, durer bien plus longtemps que la mode qui les a vus naitre.
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