The Stone Roses
par The STONE ROSES
The Stone Roses, le big bang de Madchester
Il y a des premiers albums qui changent tout. « The Stone Roses », paru en mai 1989, en fait partie. Avec ce disque inaugural, le quatuor de Manchester ne se contente pas de debuter, il invente un son, une attitude, une epoque entiere. Madchester, cette fusion explosive du rock a guitares et des grooves dancefloor, trouve ici son acte de naissance et son chef d’oeuvre. Rarement un groupe aura autant marque son temps des sa premiere livraison.
Ian Brown, chanteur nonchalant et arrogant a souhait, incarne l’esprit du groupe, cette assurance insolente qui frole la prophetie. A ses cotes, le guitariste John Squire tisse des arabesques psychedeliques d’une beaute renversante, tandis que la section rythmique formee par Mani a la basse et Reni a la batterie groove comme peu de groupes rock osaient le faire alors. Le producteur John Leckie capture cette alchimie avec un soin maniaque, sculptant un son a la fois ample et precis.
Une avalanche de classiques
Des « I Wanna Be Adored » et sa montee hypnotique, le ton est donne, celui d’un groupe qui se sait promis a la gloire. « She Bangs the Drums » deroule sa pop solaire, « Waterfall » enchante, « Made of Stone » impressionne, et le disque s’acheve sur le monumental « I Am the Resurrection », neuf minutes ou le groupe deploie toute sa puissance avant de partir dans une jam dancefloor irresistible. Chaque morceau ou presque est un classique instantane, ce qui releve du miracle pour un premier disque.
L’arrogance du groupe, loin d’etre une posture vide, repose sur un talent immense. Ian Brown chante l’adoration, la resurrection, la revolution, avec une conviction messianique qui galvanise toute une jeunesse anglaise. Les Stone Roses ne demandent pas la permission, ils proclament leur regne, et le public les suit en masse. Manchester devient soudain le centre du monde, et ce disque la bande son d’une generation en quete d’hymnes.
Ecoutez la guitare de John Squire, ces nappes colorees qui rappellent autant Jimi Hendrix que les jangly guitars des annees 60, ce sens de la melodie qui transforme chaque solo en chanson. Ecoutez surtout comment le groupe marie le rock et la danse, anticipant la fusion qui dominera la decennie suivante. Les Stone Roses ont compris avant tout le monde que le futur du rock passait par le groove, par le dialogue avec la culture club.
L’influence du disque est colossale. Toute la scene britpop des annees 90, d’Oasis a Blur, lui doit quelque chose, cette confiance retrouvee du rock anglais, cette fierte regionale, ce melange d’ambition et de melodie. Les freres Gallagher d’Oasis ne cachaient pas leur veneration pour les Stone Roses, qu’ils consideraient comme leurs maitres absolus. Sans ce premier album, le paysage du rock britannique des annees 90 aurait ete radicalement different.
Regulierement cite parmi les plus grands albums de l’histoire, « The Stone Roses » reste un sommet indepassable, le disque parfait d’un groupe qui ne retrouvera jamais une telle grace. La suite de leur carriere, chaotique et frustrante, n’effacera jamais l’eclat de ce coup de maitre inaugural. A ecouter absolument pour comprendre Madchester, la britpop et tout un pan du rock moderne. Un premier album immense, signe par des gamins qui se prenaient pour des dieux et qui, le temps d’un disque, l’ont vraiment ete.
Le poids d’un chef d’oeuvre
L’ironie cruelle des Stone Roses, c’est d’avoir signe un premier album si parfait qu’ils n’ont jamais pu s’en remettre. La suite de leur carriere fut un calvaire de proces, de retards et de tensions, le deuxieme disque se faisant attendre cinq longues annees avant de decevoir des fans devenus impatients. Comme si le groupe avait tout donne d’un coup, brule sa cartouche magique sur ce disque inaugural qui les depasse autant qu’il les definit.
Mais qu’importe la suite, finalement. Certains groupes existent pour un seul disque, et quel disque. « The Stone Roses » suffit a assurer l’immortalite de ses auteurs, a inscrire leurs noms en lettres d’or dans l’histoire du rock britannique. Ian Brown, John Squire, Mani et Reni resteront a jamais les architectes de Madchester, les prophetes d’un son qui a galvanise toute une generation et change le cours de la musique anglaise.
La reformation tardive du groupe, des annees plus tard, declenchera une hysterie collective qui dit tout de l’attachement du public a cet album mythique. Des dizaines de milliers de fans se presseront pour revoir leurs idoles, preuve que la magie de ce premier disque n’avait jamais cesse d’operer. « The Stone Roses » reste un sommet du rock, un de ces disques rares dont chaque note semble taillee pour l’eternite. Indispensable.
Un seul disque aura suffi aux Stone Roses pour entrer dans la legende. « The Stone Roses » reste de ces albums parfaits que l’on cite sans hesiter parmi les plus grands de tous les temps. Sa magie demeure intacte, sa fraicheur eternelle, son influence incommensurable. A ecouter et reecouter sans moderation, pour le plaisir pur d’un rock qui danse, qui plane et qui proclame sa propre grandeur avec une assurance de jeunes dieux. Un monument absolu.
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