Tom Tom Club, TOM TOM CLUB (1981) : la legereté du génie
Tom Tom Club est le projet parallèle de Chris Frantz (batteur) et Tina Weymouth (bassiste), les deux membres les plus discrets et les plus musicaux des Talking Heads. Alors que leurs collègues David Byrne et Brian Eno s’aventurent vers les complexités de Remain in Light, Frantz et Weymouth créent sous le nom Tom Tom Club une musique d’une légèreté joyeuse et d’une accessible directness qui est en quelque sorte l’envers de l’ambition conceptuelle des Heads. Sorti en juillet 1981 chez Sire Records, l’album éponyme est une surprise heureuse.
Wordy Rappinghood : le rap avant le rap
« Wordy Rappinghood » est l’une des chansons qui préfigure le hip-hop pop. Construite sur un beat de boîte à rythmes et une ligne de basse répétitive, elle développe un vocal semi-parlé, semi-chanté qui est plus proche du rap que de la chanson conventionnelle. En 1981, avant que le rap ne devienne un genre dominant, c’est une approche musicale encore originale et surprenante.
Les harmonies vocales des Weymouth sisters – Tina et ses soeurs – donnent à la chanson une qualité chorale et festive qui la distingue du rap masculin dominateur. C’est une musique conçue pour le plaisir partagé, pas pour l’affirmation de soi.
Genius of Love : la danse tropicale
« Genius of Love » est l’autre grand single de l’album – une chanson de danse construite sur des rythmes tropicaux, avec une ligne de basse hypnotique de Tina Weymouth et des arrangements qui mêlent le Caribbean et la new wave new-yorkaise. Elle sera samplée par Mariah Carey (Fantasy) et de nombreux autres artistes dans les décennies suivantes, ce qui en dit long sur sa qualité et sa durabilité.
Chris Frantz et la batterie du plaisir
Chris Frantz joue la batterie sur cet album avec un plaisir communicatif qui contraste avec la sobriété maîtrisée de son jeu avec les Talking Heads. Il peut être précis et complexe rythmiquement – sa formation jazz le lui permet – mais ici il joue d’abord pour faire bouger les corps, et ça marche.
La légèreté comme option artistique
Tom Tom Club prouve que la légèreté peut être une option artistique légitime, pas une capitulation devant le commercial. Cet album ne cherche pas à changer le monde : il cherche à donner du plaisir, et il le fait avec une intelligence et une musicalité qui en font quelque chose de durable.
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