Stella, YELLO (1985) : l’électronique surréaliste
Yello est l’un des duos électroniques les plus originaux et les plus inclassables de la scène musicale européenne des années quatre-vingt. Formé à Zurich par Dieter Meier (chanteur, personnage, attitude) et Boris Blank (compositeur, ingénieur du son, architecte musical), le groupe crée une musique électronique qui est à la fois expérimentale et pop, sérieuse et délibérément humoristique, techniquement sophistiquée et immédiatement accessible. Stella, sorti en 1985 chez Mercury Records, est l’album qui contient leur chanson la plus connue.
Oh Yeah : le son du désir
« Oh Yeah » est l’une des chansons électroniques les plus reconnaissables des années quatre-vingt – et l’une des utilisations les plus efficaces de la voix grave et chuchotée de Dieter Meier dans un contexte comique et sensuel à la fois. La chanson est construite sur un rythme électronique simple mais irrésistible et un saxophone synthétique qui est devenu l’une des textures sonores les plus emblématiques de la décennie.
Dieter Meier est un personnage autant qu’un chanteur – entrepreneur, joueur de poker professionnel, artiste conceptuel, personnage mondain – et sa présence vocale dans Yello est celle d’un acteur qui joue un rôle plutôt que d’un chanteur conventionnel. Cette approche théâtrale est l’une des marques les plus distinctives du groupe.
Boris Blank : le créateur sonore
Boris Blank est le génie technique et musical du duo – il crée des sonorités électroniques d’une originalité et d’une beauté qui constituent l’environnement sonore dans lequel le personnage de Meier évolue. Sa maîtrise des synthétiseurs, des samplers et du traitement du son est parmi les plus développées de la musique électronique européenne.
L’électronique dansante
Yello crée une électronique dansante qui est différente du minimal techno allemand et de la synth-pop britannique – plus abstraite et plus bizarre, mais pas moins efficace sur le dancefloor.
Zurich et l’art contemporain
Yello s’inscrit dans une tradition d’art contemporain zürichois qui remonte au Dadaïsme – l’absurde, l’humour et la provocation sont des outils artistiques légitimes.
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