1989 Album

Like a Prayer

par MADONNA

4,0
Sortie 1989
Artiste MADONNA
Genres dance pop · électronique · pop

Like a Prayer, MADONNA (1989) : la pop se confesse

En 1989, Madonna n’est plus la petite frappe ambitieuse de « Holiday » ni la mariee provocante de « Like a Virgin ». Elle est devenue la femme la plus celebre du monde, et avec Like a Prayer, paru chez Sire, elle decide de prouver qu’elle est aussi une artiste a part entiere. Fini le simple divertissement : ce disque plonge dans l’intime, la religion, la famille, la culpabilite catholique, avec une ambition qui force le respect. C’est le moment ou la machine a tubes se transforme en autrice majeure.

Une chanson-titre qui fait trembler le Vatican

« Like a Prayer » est un coup de maitre. Sur un fond de choeur gospel emmene par le legendaire Andrae Crouch, Madonna melange l’extase mystique et le desir charnel avec une audace inouie. Le clip, lui, met le feu aux poudres : croix enflammees, stigmates, saint noir, eglise du Sud profond. Le scandale est immediat. Pepsi, qui avait signe un contrat publicitaire de plusieurs millions de dollars, retire son spot en catastrophe. Madonna, elle, empoche le cheque et la gloire. Le genie de la provocation calculee n’a jamais aussi bien fonctionne.

Express Yourself, l’hymne d’emancipation

Co-ecrit avec Stephen Bray, « Express Yourself » deploie un funk eclatant au service d’un message feministe limpide : ne te contente jamais de moins que ce que tu merites. La chanson devient un manifeste, repris des annees plus tard jusque par Lady Gaga. Madonna y affirme une independance qui resonne bien au-dela de la pop. Avec son clip futuriste et couteux signe David Fincher, le morceau confirme qu’elle pense chacun de ses gestes comme une oeuvre totale.

Patrick Leonard et l’art de la production

Pour batir ce disque ambitieux, Madonna s’entoure de ses fideles collaborateurs, au premier rang desquels Patrick Leonard. Ensemble, ils signent des chansons d’une richesse melodique nouvelle, loin des refrains formates. « Cherish » ressuscite l’esprit des sixties avec une legerete delicieuse, tandis que « Oh Father » ose une confession bouleversante sur la figure paternelle, l’un des sommets emotionnels de toute la carriere de la chanteuse.

Le journal intime d’une femme

Ce qui frappe dans Like a Prayer, c’est sa dimension autobiographique. « Till Death Do Us Part » evoque sans fard son mariage orageux avec l’acteur Sean Penn. « Promise to Try » et « Oh Father » reviennent sur la mort de sa mere, blessure fondatrice de sa vie. « Dear Jessie » deroule une comptine psychedelique pour enfant. Madonna dedie d’ailleurs le disque a sa mere, « qui m’a appris a prier ». Jusqu’au parfum de patchouli dont elle avait fait imbiber la pochette originale : tout, ici, est pense pour engager les sens et l’ame.

Le disque de la consecration

Like a Prayer reste, pour beaucoup, le plus grand album de Madonna, celui ou l’artiste rejoint enfin l’icone. Salue par une critique souvent condescendante a son egard, vendu par millions, il impose definitivement l’idee qu’une star de la pop peut aussi etre une creatrice profonde et courageuse. En melant le sacre et le profane, l’intime et le spectaculaire, Madonna a redefini ce que pouvait etre un disque de variete a la fin du vingtieme siecle. Trente ans plus tard, la priere resonne toujours, et le choeur gospel donne encore des frissons.

La note des passionnés

4,0 /5

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Like a Prayer