Adam Ant est un artiste charnière entre le glam rock et la new wave anglaise dont il est une figure séminale. Mais le vent punk est aussi passé par là, et « Dirk Wears White Sox », son premier album, porte les traces de ces influences multiples.
Stuart Goddard et la transformation
Stuart Leslie Goddard naît à Londres en 1954. Il adopte le nom d’Adam Ant à la fin des années 70, construisant un personnage qui emprunte à David Bowie la théâtralité, à Marc Bolan la flamboyance glam, et au punk l’urgence. Sa voix grave et expressive n’appartient pas strictement à l’un ou l’autre de ces genres.
Il forme les Ants en 1977 avec Marco Pirroni. Mais la formation originale est différente, plus brute, plus proche du punk pur que ce que le grand public connaîtra sous le nom d’Adam and the Ants dans les années 80 avec « Kings of the Wild Frontier » (1980).
Cartrouble et le son originel
« Cartrouble » illustre ce que les premiers Ants étaient : un post-punk nerveux avec des touches de glam dans le chant et des arrangements qui cherchent leur identité entre l’énergie punk et la sophistication électrique. Le son est plus brut que ce que produira la phase New Romantic du groupe.
Malcolm McLaren, le manager des Sex Pistols, remarque les Ants et propose à Goddard de travailler ensemble. Il finira par engager la formation des Ants pour créer Bow Wow Wow avec la chanteuse Annabella Lwin. Cet épisode est l’une des histoires les plus étranges de l’industrie musicale, et il a eu une influence directe sur l’évolution d’Adam Ant vers un son plus festif.

Avant la gloire
« Dirk Wears White Sox » est un album de jeunesse, encore hésitant entre plusieurs directions. Il n’est pas le disque le plus accompli d’Adam Ant, mais il est indispensable pour comprendre d’où vient le personnage et quelle route il a parcourue avant d’arriver aux succès des années 80.
Les grands succès viendront avec « Kings of the Wild Frontier » (1980) et « Prince Charming » (1981). « Dirk Wears White Sox » documente le chapitre précédent, plus sombre et plus expérimental, qui est souvent le plus honnête dans la discographie d’un artiste.
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