Bad Brains, BAD BRAINS (1982) : la vitesse et la grace
Bad Brains est le groupe qui a prouvé que le hardcore punk pouvait être à la fois le plus brutal et le plus musicalement sophistiqué de sa génération. Formé à Washington DC par des musiciens noirs – H.R. (Paul Hudson) au chant, Dr. Know (Gary Miller) à la guitare, Darryl Jennifer à la basse et Earl Hudson à la batterie – le groupe est une contradiction vivante : des disciples de la musique rastafari jamaïcaine qui jouent du punk hardcore à une vitesse vertigineuse. Leur premier album, sorti en 1982 chez ROIR Records, est l’un des documents fondateurs de toute la scène hardcore américaine.
La vitesse comme art
La vitesse à laquelle Bad Brains joue leur hardcore est légendaire. Earl Hudson à la batterie est l’un des batteurs les plus rapides et les plus précis de sa génération – sa double pédale et ses fills sont exécutés avec une précision horlogère qui rend leur rapidité encore plus stupéfiante. Dr. Know à la guitare joue des riffs et des solos à des tempos que beaucoup de guitaristes ne peuvent tout simplement pas atteindre.
Mais la vitesse seule ne suffirait pas si la musique n’avait pas aussi la musicalité et la qualité de composition qui font de chaque chanson quelque chose de plus qu’un exercice de vitesse. Bad Brains a des idées mélodiques et harmoniques qui dépassent largement le cadre du hardcore ordinaire.
La dualité reggae-hardcore
Ce qui distingue Bad Brains de tous leurs contemporains hardcore, c’est leur régularité à alterner entre le hardcore le plus brutal et le reggae le plus doux. Sur le même album, des morceaux joués à toute vitesse avec une brutalité impressionnante côtoient des chansons reggae sincères et bien jouées. Cette alternance n’est pas de la démagogie commerciale : elle reflète les convictions et les goûts musicaux profonds du groupe.
H.R. : le frontman le plus énergique
H.R. est l’un des performeurs les plus énergiques et les plus singuliers de toute la scène hardcore. Sur scène, il fait des sauts, des plongeons, des rotations – une physicalité de la performance qui correspond à l’intensité musicale du groupe. Sa voix peut passer du cri hardcore au chant reggae doux avec une facilité qui révèle ses racines musicales multiples.
Un album fondateur
Bad Brains est un album qui a influencé une quantité considérable de musiciens – de Beastie Boys à Rage Against the Machine – et qui reste une référence absolue dans l’histoire du hardcore américain.
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