2002 Album

Make Up the Breakdown

par HOT HOT HEAT

4,0
Sortie 2002
Genres indie rock

Victoria, Colombie-Britannique, 2002. Hot Hot Heat sort de la scene indie canadienne avec un premier album plein-format qui va faire beaucoup de bruit dans les clubs londoniens. « Make Up the Breakdown » est bruyant, nerveux, dansable, et il sonne comme si Gang of Four avait ete eleve par Devo apres avoir ecoute trop de The Cure. C’est un compliment.

Du post-punk canadien a la conquete britannique

Hot Hot Heat se forme a Victoria, en Colombie-Britannique, a la fin des annees 90. Steve Bays dirige le groupe a la voix et aux claviers avec une energie qui ne laisse pas le temps de souffler. La section rythmique est precise et implacable. Les guitares sont anguleuses, coupantes, construites sur des riffs qui doivent autant a la new wave des annees 80 qu’au rock garage des annees 60.

L’album sort d’abord sur Mint Records, label independant canadien, avant d’attirer l’attention des majors et d’une distribution plus large. Le Royaume-Uni est le premier a s’emballer : dans la Grande-Bretagne de 2002, toujours friande de post-punk revival, Hot Hot Heat arrive au bon moment avec le bon son.

Bandages et l’art du single parfait

« Bandages » est le single qui ouvre les portes europeennes. Un riff de clavier obsessionnel, une voix qui monte comme si elle cherchait une sortie de secours, et un refrain qui reste dans la tete pendant des jours. La chanson condense tout ce que le groupe fait bien en trois minutes et quarante secondes : tension nerveuse, dance-punk efficace, et une production qui ne laisse aucun espace vide.

Le reste de l’album tient la promesse du single. « Oh Goddammit » accelere encore le tempo. « Naked in the City Again » explore un cote plus sombre, avec des claviers qui creent une atmosphere nocturne particuliere. « This Town » a la poesie discrete d’une chanson ecrite pour les gens qui conduisent seuls la nuit dans des villes qu’ils ne connaissent pas.

Hot Hot Heat en concert
Hot Hot Heat, le groupe de Victoria en Colombie-Britannique dont « Make Up the Breakdown » a impose le dance-punk canadien sur la scene internationale

Le chainage de la nouvelle vague

En 2002, le post-punk revival est partout. The Strokes, Interpol, Franz Ferdinand, The Rapture : autant de groupes qui redecouvrent l’energie de la fin des annees 70 et du debut des annees 80. Hot Hot Heat s’inscrit naturellement dans ce courant, mais avec une saveur canadienne distincte : un peu moins cool que les New-Yorkais, un peu plus chaleureux, un peu plus directement fete que les Britanniques.

« Make Up the Breakdown » ne bouleversera pas l’histoire du rock. Il a ete fait pour que les gens bougent dans les clubs, et dans cette ambition il reussit parfaitement. Les albums suivants du groupe seront plus lisses, plus polies, perdant un peu de cette urgence nerveuse. Ce premier album plein-format reste donc le document essentiel de Hot Hot Heat : brut, direct, dansant jusqu’a l’os.

La note des passionnés

4,0 /5

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Make Up the Breakdown